Mercredi 22 avril 2009
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Les traits tirés, le regard vague, le pas vacillant, le poil terne et la langue pendante nous étions rentrés de cet harassant week-end de Paques à La Ciotat.
Que faire ? et ou trouver la force de refaire surface ?
La seule solution: s'isoler du monde, faire un retour sur soi, la thérapie de groupe pouvait encore nous sauver.
L'isolement fut vite trouvé: une petite calanque à Cassis, au milieu des pins, de la rocaille, d'une végétation aux parures printanières et chatoyantes.
Encore fallait trouver quelque asile pour le repos, sinon de l'âme, au moins du corps: un vieux voilier ferait l'affaire, quelques matelas, un barbecue et la survie semblait possible.
Notre retraite commençait à s'organiser, le petit groupe bien que fortement déprimé semblait percevoir la flamme vacillante d'un nouvel élan percer dans la pénombre abyssale de nos cerveaux.
Il ne manquait qu'un Maître dont nous serions les disciples.
C'est alors que nous l'avons reconnu, fort de son savoir et de sa sagesse: un véritable Philosophe Moldave avec tous les accessoires et le goût de la solitude, le regard fier. Lui-même
disciple de Diogène (dont il vida le tonneau de rosé pour lui faire une petite villa), il se mit en devoir de nous transmettre sa sagesse.
Je ne résiste pas à vous citer ses paroles (que nous buvions): "So.... du matin, repos du v...." nous disait-il avec cette force d'expressivité qui caractérise le sage Moldave. Bien sûr lecteur, tu
as constaté quelques points de suspensions, mais crois-tu être à même de recevoir la force de son message dans sa totalité ? , et puis as-tu regardé l'heure, les enfants ne sont sûrement
pas encore tous couchés.
Son enseignement était parfois interrompu, le temps d'une modeste collation et de quelques libations. Comme nous étions sur la mer nous économisions l'eau douce, la vie d'un groupe d'ascètes
est souvent bien dure, nous faisions avec le minimum (rhum arrangé, bières, rosé, pastis, whisky...)
A la fin de la journée, c'était un maigre repas pris en commun dans l'austère réfectoire ou à l'extérieur sous un soleil de plomb (et toujours trop peu d'eau douce...)
avant de rejoindre notre paillasse pour un sommeil régénérateur (ça ressemblait même à un régénérateur diésel si on se fie au bruit)
Et puis nous nous sommes souvent recueillis...
...nous avons brulé des cierges...
...certains sont même allés jusqu'à s'auto-infliger des choses terribles...
...avant de sacrifier aux rituels de purification par immersion totale des corps.
Et c'est ainsi, renforcés par les épreuves que nous avons émergé, et que nous vous retrouverons dimanche matin dès 8h30 pour à notre tour vous apporter la bonne parole.
Amen
Toutes les images de notre retraite sont dans l'album "Cassis"
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